Jouons à la marchande
Recettear: An Item Shop’s Tale est un J-RPG atypique. Développé en 2007 par le studio indépendant EasyGameStation, il n’était jusqu’à présent disponible que de manière confidentielle en import dans les boutiques spécialisées. Il a cependant été repéré par Carpe Fulgur (une autre société indépendante) et a bénéficié d’une traduction professionnelle, avant de débarquer le 10 septembre sur les plate-formes de distribution online comme GamersGate, Impulse ou Steam.

Tout cela est bien beau, mais le jeu dans tout ça ? Recettear vous propose d’incarner Recette, une adolescente naïve et pleine d’énergie contrainte après la disparition de son père d’ouvrir un magasin d’items afin d’éponger la dette qu’il lui a laissé. Le mode principal se déroule ainsi en cinq semaines, avec à chaque fois une somme à rembourser de plus en plus importante – échouez à atteindre ces objectifs et vous finirez dans un carton à mendier sur le trottoir. Et il ne suffira pas de sourire aux visiteurs, une bonne gestion du planning journalier est cruciale.

A vous de constituer votre stock et négocier au mieux vos objets en fonction des acheteurs : certains sont très exigeants, d’autres se laissent arnaquer facilement. Chaque vente vous rapporte de l’expérience dans votre métier de marchand, et chaque level up débloque de nouvelles fonctionnalités : vous pourrez ainsi acheter des items directement à vos clients, prendre des commandes, agrandir votre magasin et le décorer de façon à le rendre plus attractif, tenter de spéculer sur les fluctuations des prix, …

Mais une des meilleures façons de faire des profits est d’engager un mercenaire écumer les donjons environnants. Si vous commencez l’aventure avec un crève-la-faim d’épéiste, huit aventuriers au total sont déblocables – certains classiques : archer, magicien, voleur, lancier, d’autres plus exotiques : vampire, cyborg. De même, de nouveaux lieux à explorer s’ajoutent à votre carte après réussite du précédent. Bien évidemment, ces sessions de dungeon crawling dépendront de votre habilité, puisque c’est vous qui êtes aux commandes du héros.

Recettear est vraiment un jeu attachant. Les graphismes sont adorables et les dialogues remplis d’humour et de clins d’œil aux classiques du genre – tout est fait pour que l’amateur de J-RPG se sente en terrain connu. Même la traduction en anglais a su respecter cette ambiance, en laissant les exclamations des personnages en japonais (les yatta et autres daijôbu) et en faisant preuve de beaucoup d’inventivité pour rendre au mieux certains barbarismes. Le jeu est donc truffé de “yeyification” et autres “capitalism ho!” – un régal.

J-RPG oblige, la difficulté du jeu est élevée (dette qui explose, donjons ardus) malgré l’apparente simplicité des mécanismes. Il est toutefois possible de le terminer sans jamais partir à l’aventure, une bonne nouvelle pour les manchots du pad. Outre l’extrême monotonie, cela reviendrait à passer à côté d’une bonne partie du jeu : les aventuriers, les donjons, le système de craft – bref, toute la partie grinding. Au final, le mélange des gameplay et les divers modes de jeu permettront à chaque joueur de s’y retrouver, et toutes les méthodes seront bonnes pour s’enrichir. Adam Smith serait fier de vous.