Pouvoir de vie et de mort?

Salut à toi lecteur torturé. Aujourd’hui je vais te parler de Death Note, et du concept de corruption du pouvoir.

Death Note est un manga du milieu des années 2000, dans lequel Light, un lycéen, trouve et exploite un cahier magique, le Death Note. Il s’aperçoit en effet vite que tout nom inscrit dans le cahier provoque la mort de la personne concernée dans la minute, à condition de connaitre le visage de la victime.

Light décide de se servir du cahier pour changer le monde, mais très vite L, un policier surdoué, se met en travers de sa route et fait tout pour le capturer. Pendant de nombreux épisodes, chacun des deux protagonistes va essayer de piéger l’autre et le dramatique de la situation va augmenter crescendo à mesure que les 2 jeunes héros se rapprochent l’un de l’autre.

l-et-light

Globalement le scénario est assez casse tête et d’une grande complexité. Il est plaisant de suivre tour à tour les machinations des deux adversaires, même si à certains moments, on peut reprocher à l’histoire d’avancer trop lentement à cause de plans à tiroirs qui n’en finissent plus. Au final j’ai quand même passé un bon moment avec les 37 épisodes (108 chapitres) d’un anime d’une grande originalité dans le paysage du manga.

Au delà de l’histoire elle même, j’ai souhaité mettre le doigt sur la situation du personnage principal au début du récit. On a affaire à un jeune garçon qui a tout pour lui: beau garçon, cultivé, sportif et intelligent. Light à l’image de beaucoup de jeunes gens, appartient à un monde dont il ne conçoit pas les excès violents (meurtres, viols). Là où son histoire diffère de celle d’un adolescent idéaliste classique, c’est au moment où il trouve la Death Note.

C’est sur ce moment précis que je veux insister, et sur les choix que Light peut faire. Abandonner le cahier? Sage décision, mais totalement passive. Renoncer au pouvoir, c’est aussi fuir ses responsabilités, et donc les laisser à quelqu’un d’autre. S’en servir à des fins propres? Pour le jeune homme idéaliste, solution irrationnelle. Reste la voie qu’il va choisir: se servir du “pouvoir” pour améliorer le monde.

deathnote

Et c’est là que ça devient réellement intéressant. Lequel d’entre nous n’a jamais pensé qu’un horrible violeur ou tueur d’enfant méritait la mort, tout en étant contre la peine de mort de manière générale? Ou placer la limite? Comment faire la différence?

Quand on y réfléchit bien, les choix de Light sont tout à fait logique, et ils le mènent dans une spirale infernale. Le pouvoir corrompt, c’est bien connu. Avec un grand pouvoir vient toujours une grande responsabilité. A contrario comment ne pas penser que la refuser, ou pire la laisser à quelqu’un d’autre, serait le pire des choix? La lâcheté de ne pas choisir et de fermer les yeux, celle d’oublier?

Je suis bien conscient que l’on reste dans un fiction et que le choix est purement théorique, mais vous que feriez vous? Je vais attendre un peu avant de vous livrer ma réponse…

12 Réponses à “Pouvoir de vie et de mort?”

  1. Bouh la référence aux toiles d’araignées… ^_^

  2. Silvernights dit :

    Ils ont pas déposé le copiright que je sache! :P

    Cette notion de pouvoir-responsabilité c’est un peu un lieu commun qu’on retrouve quasiment chaque fois dans les fictions rapportant aux super heros (en l’écrivant je croyais faire une référence à Heroes en première intention…).

    Et tu ne réponds pas à la question, espèce de laid! :P

  3. Sur le thème du “je décide qui doit vivre ou mourir” (toi aussi fais des citations pourries, aujourd’hui le Caméléon :P).
    1/ Qu’un seul individu ait ce pouvoir n’ait pas une bonne chose pour des tas de raisons évidentes.
    2/ Avis personnel : une société > un individu. Elle se doit de rendre la justice, et non de se venger.
    3 je crois/ Être contre la peine de mort, c’est aussi adhérer à un certain nombre de valeurs humanistes (et idéalistes) comme par exemple que la vie humaine n’est pas négligeable.
    Et finalement 4/ Il y a une différence entre souhaiter la mort de quelqu’un et aller lui tirer une balle entre les deux yeux :D

    Après, le fantasme d’adolescent d’avoir des super-pouvoirs, c’est effectivement assez classique =)

  4. pour répnodre à la question, effectivement, pour un monde méilleur je ferai la même erreur que lui: à savoir se débarasser des principaux malfrats… encore que. Son problème est qu’ensuite il choisit d’autant plus ses cibles et se pose en justicier réel… ce qui, comme Ka le souligne, est contre le principe de la société qui juge et condamne mais qui ne se venge pas.
    Moi sinon ce que j’avais aimé dans ce manga, c’était justement le questionnement fait au lecteur à travers cet ado qui a tout (ou presque), qui incarne la réussite sociale et qui pourtant va se transformer en monstre.
    Par contre je le voyais plus dans l’optique de la sociologie du Japon, où la jeunesse est totalement en manque de repères… même ses membres les plus brillants.

  5. Pour recoller au manga lui même, j’ai été un peu déçu par les fameux plans à tiroirs, ça va tellement loin que ça en devient presque irrationnel mais surtout artificiel, c’est dommage parce que le sujet qui sert de plot est vraiment intéressant.
    (l’anti anti anti anti anti mouchard de “big hit” a fait des émules!!! XD)

    • Même avis que toi Amyn, c’est la raison pour laquelle j’ai arrêté au milieu du manga : au bout d’un moment ça devient lourd. Par contre de ce que j’en ai vu le mangaka a quand même vachement bien exploité son idée – au sens où il a poussé son raisonnement jusqu’au bout…

  6. [...] la fin de ce manga, qui finalement reflète l’une des questions de nos sociétés actuelle : la corruption du pouvoir. Ce que j’ai préféré, c’est tout le côté mythologique et symbolique. Un gros point [...]

    • Silvernights dit :

      Salut, et merci pour le lien avec ton article. ;)

      Complètement d’accord avec toi. Il y a toute une série de références plus ou moins évidentes et de symboles forts, qui ont une grande valeur.

      A commencer par le nom du héros (Light: la lumière, ce qui met en valeur, qui est beau qui est pure) ou encore Light qui tue son père (Oedype?) par exemple.

      Ce qui m’a le plus impressionné restera la scène avec Light et L qui rentrent mouillés, et L qui sèche les pieds de Light, avec une superbe référence à la bible (Jésus sèche les pieds des apôtres, surtout de Judas).

      Et je suis sur que j’en ai loupé un paquet, surtout au niveau des références aux mythologies asiatiques que je maitrise peu.

  7. http://www.fantasy.fr/articles/view/9350/death-note-le-remake-americain

    Alors, catastrophe en prévision ou pas ? Je n’ai pas vu l’anime, mais je trouvais déjà que le manga n’était pas très adapté pour une histoire aussi “verbeuse”. Donc en film… Mais en y allant franco sur les coupes après tout, ça peut le faire =)

  8. Silvernights dit :

    Perso j’ai vu l’anime en premier, je trouve que ça passe très bien.

    Le film existe déjà, fait par les japonais.

    Après, un film bien pensé et bien réalisé peut toujours faire une histoire correcte, et une super idée mal réalisée est une horreur.

    Donc wait and see. ;)

  9. [...] Cette nouvelle adaptation de ce manga prouve sa popularité, en grande partie dû à un scénario original et aux questions de société qu’il présuppose (on en parlait là) [...]

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