Petit changement de ton et de forme pour cette review du dernier PPV de la WWE, après tout il est néfaste de prendre des habitudes et comme dit Pierre Reverdy (un poète français du XXème, bande d’incultes!): “Il faut prendre très tôt de bonnes habitudes, surtout celle de savoir changer souvent et facilement d’habitudes.”
Mais revenons à nos moutons musculeux: Survivor Series est un des 4 évènements principaux de la fédération de Vince McMahon, le second qui fut créé après Wrestlemania et juste avant Summerslam et le Royal Rumble. Si chaque PPV est un évènement en soi, ces 4 là sont la vitrine de la fédération et se doivent d’être encore plus réussis que tous les autres, Wrestlemania étant la vitrine absolue (mais on reviendra là dessus dans quelques mois). La thématique des Series? Des matchs 5 contre 5 dans lesquels le but est d’éliminer chaque membre de l’équipe adverse. Ce format original est propice à la mise en avant de catcheurs souvent jeunes, et au développement de rivalités à plusieurs niveaux. Ça donne également une forme rafraichissante de confrontations, qui varient avec ce qu’on a l’habitude de voir.
Ce millésime 2009 nous proposait 3 matchs “traditionnels” (un masculin pour chaque show, et un féminin qui regroupe les deux brands) ainsi que 2 alléchantes affiches pour les titres majeurs de la fédération, et un duel fratricide. A titre personnel je déplore la faible promotion autour de ces matchs pour un évènement aussi important, spécialement quand on re-situe le contexte. En effet la fédération concurrente, la TNA, surfe en ce moment sur une annonce tonitruante: le recrutement de Hulk Hogan (56 ans malgré tout…), et elle sort tout juste d’un PPV phénoménal (Turning Point) qui aura été à mes yeux le meilleur PPV de 2009 tous shows confondus.
Survivor Series commence de la meilleure façon: le match de Series opposant la team heel du Miz à l’équipe face de John Morrison. Excellente idée car il met aux prises plusieurs des athlètes les plus spectaculaires de la WWE et présente un angle idéal pour chauffer la salle et lancer le PPV. Les méchants surfant sur les succès ces temps-ci, la dream team composée par le Miz partait favorite. Elle l’a emporté de manière encore plus large que prévue (3 survivants ce qui est énorme) dans un match qui a été à la hauteur. Mention spéciale pour Shelton Benjamin chez les faces qui est tellement sous utilisé que c’en est déprimant, alors qu’il est fantastique in ring. Chez les heels, on voit survivre le capitaine accompagné des deux jeunes loups de chaque brand (chacun éliminant 2 adversaires!), Sheamus pour RAW et Drew McIntyre pour Smackdown! Comme on l’a vu dans les shows qui ont suivi, un push important attend ces 2 espoirs. Un bon point pour la WWE qui capitalise sur de jeunes lutteurs et rajeunit son produit.
La confrontation suivante oppose le fan des kids Rey Mysterio à l’ex-idole de ces derniers: le brutal Batista qui a effectué son heel turn lors de Bragging Rights et amorcé la feud qui amène à ce match. Les informations faisaient état d’une énième blessure du mexicain au genou nécessitant opération, et les shows pré-PPV avaient vu l’Animal se faire ridiculiser plusieurs fois. Il semblait évident que le petit bonhomme allait prendre une grosse dérouillée justifiant son absence des rings plusieurs mois, et c’est ce qui arriva. Après avoir placé tout son arsenal de coup sans arriver à l’emporter, Rey s’est fait attraper par son ex-meilleur ami et détruire violemment (3 Batista bombs à la suite entre autre et un spinebuster sur une chaise après que la victoire ait été attribué au big man). A noter une pop importante et improbable des spectateurs pour le heel, car le public de son état natal limitrophe était nombreux dans les tribunes.
On enchaine avec le deuxième match Survivor Series opposant la team face du jeune et bondissant Kofi Kingston à celle du top heel Randy Orton. La vipère ayant subi plusieurs déconvenues contre son jeune adversaire et son statut étant ce qu’il est, je voyais une belle victoire des méchants qui remettrait les pendules à l’heure. Après un match moyen seulement éclairé par les moves du génial CM Punk et ceux du brillant Christian, on semble se diriger vers une victoire facile avec un 2 contre 1 (Punk et Randy contre Kofi). L’improbable arrive quand le spectaculaire Ghanéen élimine coup sur coup les 2 ex-champions du monde pour permettre à son équipe de l’emporter! Si le push de l’ex-jamaïcain fait plaisir, je trouve que le build de Randy est terrifiant. Encore champion il y a 3 semaines, le Legend Killer est en train de sombrer avec un booking qui le présente en crétin et loser fini. Si je n’aime pas le catcheur, je dois reconnaitre qu’il est dommage de le booker comme ça.
Vient le premier triple threat match pour un titre majeur, le WHC qui voit s’opposer au champion l’Undertaker deux membres d’une équipe habitués à combattre côté à côté: le Big Show et le fabuleux Chris Jericho. De manière prévisible, Jerishow s’allient au départ pour s’acharner sur le Dead Man et tenter de jouer le titre entre eux. L’équipe finit par se déchirer, permettant au Taker de l’emporter en plaçant son terrible Hell’s Gate pour contrer une tentative de chokeslam du Big Show (ce dernier venant d’assommer Y2J avec son punch). Victoire relativement prévisible dans une confrontation correcte sans plus, qui a néanmoins permis de voir tout le talent de Jericho dans ces choses annexes qui rendent un match si passionnant. Comme ces regards terrorisés face aux 2 big men, cette mimique parodiant l’Undertaker avant de placer un tombstone ou encore ces attitudes suffisantes qui le font huer par la foule.
Avant le main event, on a droit au match des divas (la pause technique et recharge des bières diront certains…) qui permet aux faces de l’emporter avec Mickie James et Melina comme survivantes. Si je trouve que Beth Phoenix devrait être pushée clairement et que les matchs mettant aux prises Mickie James, Melina, Michelle McCool ou Alicia Fox méritent plus d’efforts, les divas ne cessent de me décevoir.
Heureusement le clou de la soirée à été à la hauteur: le triple threat match pour le titre WWE oppose 3 topfaces, une fois n’est pas coutume. Comme pour le WHC, le champion en titre John Cena affronte une équipe, D-Generation X. Et comme pour le WHC, l’équipe vole en éclat, la nuance étant que cela arrive dès les premières secondes, Shawn Michaels plaçant un Sweet Chin Music d’entrée sur Triple H. Le Marine en reste bouche bée autant que nous, et le match commence ainsi sur des basses tonitruantes.
Comme les 3 protagonistes sont parmi les catcheurs les plus populaires, la foule réagit énormément. Les finishers spectaculaires s’enchainent et le suspense est à son comble, avec de nombreux nearfall où on voit tour à tour chacun des catcheurs capables de l’emporter. On a par exemple un spinebuster d’Hunter sur son (ex?) coéquipier qui détruit la table des commentateurs et tous les signature moves de 3 icônes donnant plusieurs situations improbables pour finir sur un attitude adjustment du champion projetant HBK sur Triple H et permettant le compte de 3 sur Hunter. Quand la musique du Marine retentit après 21 minutes de grande intensité, on finit heureux d’avoir assisté à un tel PPV.
Au final une construction efficace et beaucoup de bonnes choses. L’opening était bon, la plupart des matchs plaisants et le main event superbement orchestré. On comprend pourquoi la WWE est le leader absolu au niveau du catch mondial: on peut leur reprocher tout ce qu’on veut, ils ont une maitrise totale du storytelling et savent exactement comment faire réagir la foule. Et si le produit qu’ils proposent n’est pas le plus technique, c’est sans conteste le plus distrayant, et de loin. Ce PPV soulève plusieurs questions pour la suite: comment les jeunes qui ont été mis en avant (Drew McIntyre, Sheamus, Kofi Kingston, le Miz) vont ils évoluer? Quels matchs pour les titres majeurs? Les perdants de la soirée sont ils condamné à errer dans la midcard? Les équipes qui se sont disputées vont elles se déchirer ou survivront elles aux Series? Autant d’interrogations légitimes qui une nouvelle fois sont un gage de qualité du travail des bookers. On a envie de savoir ce qui va se passer, et si on voit se dégager certaines pistes comme le match entre l’Undertaker et Batista pour le titre, beaucoup de choses restent à construire pour le prochain PPV. Un mot sur ce dernier, ça sera le premier opus d’un concept nouveau: un show entier consacré au TLC (Tables Ladders Chairs) et portant d’ailleurs ce nom (original…). La promo est suffisamment bien faite pour réveiller une curiosité légitime sur cette soirée qui va voir beaucoup de matériel cassé, espérons donc que les 3 semaines qui nous séparent de cet évènement verront un bon booking se mettre en place et des matchs alléchants nous être proposés. A dans 3 semaines…














Après dix saisons de Stargate SG-1 et cinq de Stargate Atlantis, inutile de dire que le cadre est en lui-même contraignant et peu propice aux grandes innovations. Pourtant, de l’avis de ses producteurs, Universe se veut abordable pour les néophytes. Pour ce faire, la série prend le parti pris déjà adopté par Star Trek : Voyager, à savoir placer l’intrigue à de milliards d’années lumières de la Terre. Une sorte de reboot donc – reste à savoir comment cela sera accueilli par les Gaters, obligés de subir encore une fois la découverte des mécanismes de la porte des étoiles.
Oui, cela rappelle fortement BSG, jusque dans les personnages principaux, avec un Docteur Nicholas Rush qui fait immédiatement penser à Gaïus Baltar dans le rôle du scientifique trouble. Il serait suicidaire pour Universe de poursuivre dans cette voie, la série ne possédant ni les atouts narratifs ni l’impact visuel de son illustre prédécesseur. Heureusement (?), le côté survie est régulièrement gâché, que ce soit par des deus ex machina providentiels (le vaisseau prend soin de ses passagers) ou des contacts répétés avec la Terre (par le biais d’artefacts magiques).
Au final, entre les thématiques assez floues, les grosses ficelles du scénarios et le jeu des acteurs assez moyen, l’addition commence à être sâlée. Il est d’usage de laisser une demi-douzaine d’épisodes à une série pour trouver son ton, il est donc encore trop tôt pour tirer la sonnette d’alarme. Néanmoins, il est légitime de se demander si dans une optique de remise à zéro de la franchise, reprendre les mêmes producteurs et scénaristes que dans les séries originelles était vraiment une bonne idée…











