Quand le Doctor n’est pas là

Posted in Série TV avec des tags , on 7 novembre 2009 by 56e

Parmi les monuments de la science-fiction méconnus en France figure la série britannique Doctor Who et ses plus de sept cent cinquante épisodes depuis 1963. Les aventures de ce docteur extra-terrestre voyageant dans le temps et l’espace à bord d’une cabine téléphonique sont devenues parties intégrantes de la culture pop outre-Manche et le succès aidant, la série s’est transformée en véritable franchise à l’américaine. Torchwood est l’un de ces produits dérivés : un spin-off centré sur le personnage de Jack Hardness qui dirige la branche galloise du Torchwood Institute en charge des relations avec les aliens. Après deux saisons de treize épisodes passées relativement inaperçues hors du fandom, la saison trois intitulée Children of Earth a été diffusée en juillet sur la BBC One et le sera les 17 et 23 novembre prochain sur NRJ12.

Seulement 4 mois après la diffusion britannique, pas si mal...

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Torchwood c’est un mélange de mauvais goût, d’effets spéciaux au rabais et de n’importe quoi généralisé. Par exemple l’épisode Cyberwoman, avec en vrac et de mémoire la femme cybernétique du titre, un ptérodactyle, une livreuse de pizza et de la sauce barbecue. Évidemment énoncé comme ça, ça ne donne pas vraiment envie. Et pourtant, cette saison trois place la barre un peu plus haut : en cinq épisodes d’une heure, nous avons droit à l’une des meilleures histoires de premier contact humain – extra-terrestre jamais racontée dans une série TV. Ici, le ton est plus proche de District 9 que d’Independance Day : pas de vrai héros ni de vrai gentil non plus. Comme d’habitude dans la série, les personnages naviguent à vue dans les différentes teintes de gris.

We are... We are coming !

Un scénario adulte, intelligent et bien ficelé, des épisodes qui s’enchaînent sans temps mort (chaque épisode correspond à un jour) et surtout un jeu d’acteur remarquable – autant de raisons supplémentaires de regarder. Il faut dire que cela change de voir des acteurs jouer un rôle et non se contenter de prendre des poses comme c’est trop souvent le cas dans certaines productions américaines. En espérant que la traduction française soit à la hauteur : même si l’expérience commande de se méfier, entendre Gwen Cooper sans son accent gallois (“Blady british !”) serait vraiment dommage. Et pour vaincre les dernières réticences : non, il n’est pas nécessaire d’avoir vu les saisons précédentes. En dehors de quelques références annexes au passé, Children of Earth est conçue pour être indépendante.

Histoire de patienter dix jours, le trailer officiel (en VO, désolé) :

Les enfants de Ji, du bon classique!

Posted in Littérature avec des tags on 5 novembre 2009 by Silvernights

Salut à toi, lecteur amateur de fantasy. C’est de ma dernière lecture dont je vais te parler aujourd’hui. Avant d’aborder des œuvres un peu plus consistantes, je me suis fait un petit plaisir en attaquant Les enfants de Ji de Pierre Grimbert.

Les Enfants de Ji, couverture

Cette série suit la première campagne qui voyait un groupe d’ambassadeurs de plusieurs pays découvrir le secret le plus important de leur monde (les enfants dieux naissent dans un pays appelé le Jal et sont sous l’influence des mortels de diverses façons) et se retrouver dans une bataille qui les dépassait. Après s’être aperçus qu’ils ne pourraient pas vaincre un dieu obscur appelé Sombre, les aventuriers arrivaient néanmoins à anéantir le plan de conquête du côté maléfique et restaurer une paix temporaire, tout en sachant que le seul qui aurait une chance contre Sombre serait issu de leurs lignées.

Cette suite en 5 volumes pour moins de 1500 pages voit donc les héritiers de nos héros traqués par des forces inquiétantes se retrouver, et partir en quête de la solution qui permettra de résoudre leurs soucis. Une multitude de liens se tissent entre eux alors qu’ils sont confrontés à de nombreux rebondissements, et divers affrontements émaillent leur périple avant un final bien construit qui clôt proprement le cycle.

Si les thématiques abordées sont toujours les mêmes dans ce type de saga (quête initiatique, lutte du bien contre le mal, passage à l’âge adulte), les quelques originalités scénaristiques m’ont plutôt satisfait. Par exemple avoir une compagnie composée quasi exclusivement de jeunes gens sans l’habituel mentor expérimenté qui dirige l’équipe (ah! le rôle du vieux magicien…) permet une meilleure identification au groupe. De même l’utilisation de prophéties, un peu à la façon de Heroes, ajoute une consistance au roman tout en soulevant des questions intéressantes: les changement en réaction à la connaissance d’un avenir possible ne vont-t’ils pas au contraire le précipiter?

Tome 1 Le Testament Oublié

Au niveau du récit, contrairement à La roue du Temps ou au Seigneur des Anneaux, le rythme est intense et l’histoire défile sans temps morts. Le choix de narration (des chapitres de quelques pages centrés sur un personnage différent à chaque fois) permet d’insister sur certaines situations sans ralentir le déroulement, tout en rajoutant un intérêt personnel à chaque segment.

De leur côté, les personnages sont tous traités avec autant de défauts que de qualités, ce qui donne des héros crédibles et attachants. Leurs rivalités intestines et les liens uniques qu’ont certains membres entrainent des objectifs propres à chacun, malgré le but commun qui les rassemble.

Au final, sans marquer l’histoire de la fantasy, on a une petite saga très bien équilibrée qui permet de passer un bon moment. Et qui me donne envie de lire la suite (Les Gardiens de Ji).

Résultats Bragging Rights: un PPV qui sort de la routine

Posted in Spectacle, Sport avec des tags , on 27 octobre 2009 by Silvernights

Salut à toi lecteur fan de catch! La WWE a décidé de lancer plusieurs concepts originaux cette année, comme les PPV à stipulation (Hell in a Cell ou le TLC à venir), mais surtout ce Bragging Rights qui succède au défunt Cyber Sunday. Contrairement à ce que je croyais, le système de vote a disparu avec le PPV, pour être remplacé seulement par la thématique d’opposition entre les deux brands principales: les rouges de RAW contre les bleus de Smackdown! En plus de trois matchs Smackdown! vs RAW, on a eu droit à 2 combats classiques pour le titre principal de chaque show, dont un Iron Man de 60 minutes qui constitue sans doute possible le main event de cette soirée.

Affiche Bragging Rights

Le PPV s’ouvre donc logiquement sur l’opposition champion contre champion entre les deux frères ennemis: John Morrison le face et The Miz le heel. Rappelons que ces deux là ont été équipiers pendant de long mois, capturant deux titres par équipe côte à côte. L’un comme l’autre sont dans des périodes fastes, et porteurs de ceintures dans leur shows respectifs. Si John impressionne le plus, il semble stagner depuis quelques temps après avoir été promis au plus brillant avenir il y a quelques mois, alors que le Miz explose littéralement ces dernières semaines. Comme prévu, le duel est de bonne facture, pas assez cependant pour voler le show (11 minutes n’étaient pas suffisantes pour permettre un grand match). La victoire finale du Miz est une petite surprise, et va permettre à ce dernier d’être encore plus insupportable qu’il ne l’était ces derniers temps. Ça promet de sacrés segments micros dans les mois à venir.

Le deuxième match oppose les divas de RAW à celles de SD! L’issue ne laisse aucun doute après le premier résultat: en effet pour que le 7 contre 7 à venir ait un intérêt, il fallait que le show bleu égalise après la victoire du Miz pour les rouges… Comme prévu, le “second show” l’emporte, son équipe étant de toute façon nettement supérieure. Beth Phoenix porte le tombé sur Melina , et on sent une rivalité poindre entre la glamazone et sa partenaire du soir et women champion: Michelle McCool. Si le combat a été correct pour les 7 minutes qu’il a duré, je continuer de déplorer que Kelly Kelly soit aussi faible in ring (le fait qu’elle soit une bombe sexuelle n’excuse pas tout…).

Fatal 4 way de BR 09 pour le WHC

Suit le premier match pour un titre: le fatal four way pour le World Heavyweight Championship. L’originalité de ce combat est un certain déséquilibre avec 3 faces (Rey Mysterio, Batista, The Undertaker) pour un heel (CM Punk), qui annonce un changement potentiel. L’opposition encore trop courte (10 minutes) est cependant rythmée et agréable. On voit toute une série de finishers qui ne permettent pas de conclure à cause d’interventions, et suite à l’élimination des 2 catcheurs les plus petits par Batista, le Dead Man place son tombstone piledriver sur l’animal et conserve sa ceinture. Derrière, une inhabituelle interview post match a lieu directement dans le ring, permettant à Batista de faire un heel turn en massacrant son ami Rey Mysterio. Est ce qu’une feud entre les deux se dessine? C’est le plus probable, même si beaucoup d’autres choses peuvent se passer.

Le sept contre sept qui suit voit s’opposer SD! et RAW pour la victoire du soir. Si les rouges partent favoris avec une meilleure équipe sur le papier (équipe plus lourde, plus titrée, appartenant au show que la WWE souhaite présenter comme le numéro un), les bleus ont des arguments à faire valoir. A commencer par leur capitaine, le fantastique Chris Jericho. Malgré son statut de heel, il a su monter une équipe homogène avec un véritable esprit de corps. C’est loin d’être la même chose du côté de RAW, avec plusieurs détails choquants comme les 2 capitaines qui ne sont pas habillés comme le reste de l’équipe (Triple H et Shawn Michaels ont trop la classe pour se séparer de leurs vêtements habituels et porter les maillots de leur brand…) ou encore les remarques mesquines du Game qui devrait au contraire encourager ses partenaires au lieu de les chambrer. Le match est plaisant tout en restant très classique, jusqu’à la trahison prévisible du Big Show qui permet à SD! de l’emporter! Stupeur côté rouge, les bleus gagnent ce premier Bragging Rights! Y2J s’empare de la coupe et la soulève en temps que capitaine, tout l’équipe se congratulant. Ça fait plaisir de voir la célébration, celle-ci justifiant un peu de l’objectif du PPV. Malgré tout l’intérêt reste limité. Ce combat a cependant permis de mettre en avant quelques rivalités (Kofi et Cody, Jerishow vs DX) et évité les ratés.

La team Smackdown! l'emporte

On finit sur le LE gros match: 60 minutes de Iron Man (le vainqueur est celui ayant le plus de points à la fin de l’heure de combat) entre John Cena et Randy Orton le champion pour le titre WWE. Quoi qu’il arrive, la feud finira avec cet ultime duel, et petit bonus, si Cena perd, il quitte RAW. Ce genre de matchs très long sont habituellement constellés de temps morts, avec un début particulièrement lent. Or on assiste à une opposition très intense sans que ça traine (1-1 dès les 10 premières minutes). Randy se pose froid et calculateur, par exemple il n’hésite pas à taper tout de suite sur le premier STF pour éviter de s’épuiser inutilement, ou encore sur la fin il essaye de maintenir son avantage en la jouant “défensive”. Cena lui y va “à fond”, s’exposant beaucoup et se relevant sans cesse, comme à son habitude. Le match est rempli de bonnes idées, comme cet Attitude Adjustment moitié contré en RKO qui sonne les 2 catcheurs et leur fait scorer un point chacun. Ou encore Cena balancé dans les néons qui explosent, Randy qui essaye de rôtir son adversaire avec les effets pyrotechniques, le passage dans la foule, le RKO qui contre le “u can’t see me“, l‘AA qui détruit la table des commentateurs… Malgré la longueur, on ne s’ennuie pas, et quand John égalise à 5-5 à 10 minutes de la fin, on se doute que le dernier point sera décisif. C’est le Marine qui le marque, obtenant la victoire à 5 secondes de la fin sur un STF rageur porté directement avec le coude pour étrangler Orton. Alors certes, on pourra reprocher cette fin un peu romancée, à l’image des démineurs dans les films qui coupent toujours le fil de la bombe à la dernière secondes. Certes on pourra reprocher à ces deux là leur niveau technique faible, qui fait qu’au point de vue catch, on ne s’est pas régalé comme avec un angle ou un Bret Hart lors des précédents Iron Mans. Mais quelle intensité, quel rythme pour un match de cette longueur!

Cena STF Orton BR 2009

Au final, ce PPV me laisse assez perplexe. Les feuds ont assez peu avancées, le nombre de matchs étaient faibles, et beaucoup de ceux ci courts. Malgré tout, on a assisté à un Iron Man qui sera sans doute reconnu dans quelques temps comme un très grand match, et je veux rester sur ce point positif. J’ai pris mon pied sur ce main event! A dans un mois donc pour les Survivor Series, PPV du big four qui promet des choses intéressantes après une période de transition.

Dans une galaxie lointaine, très lointaine…

Posted in Série TV avec des tags on 18 octobre 2009 by 56e

Quatre mois après l’arrêt de Battlestar Galactica, les networks américains sont orphelins d’un grand show de space opéra. Le producteur Ron Moore est candidat à sa propre succession même si Virtuality ne dépassera pas le stade du pilote et Caprica (à venir en janvier) ne se situera pas dans le même registre. Un vide donc que SyFy se propose de combler en lançant Stargate Universe, troisième série de la célèbre franchise.

Stargate Universe ou comment résoudre le mystère millénaire du neuvième chevron en une heure et demie.Après dix saisons de Stargate SG-1 et cinq de Stargate Atlantis, inutile de dire que le cadre est en lui-même contraignant et peu propice aux grandes innovations. Pourtant, de l’avis de ses producteurs, Universe se veut abordable pour les néophytes. Pour ce faire, la série prend le parti pris déjà adopté par Star Trek : Voyager, à savoir placer l’intrigue à de milliards d’années lumières de la Terre. Une sorte de reboot donc – reste à savoir comment cela sera accueilli par les Gaters, obligés de subir encore une fois la découverte des mécanismes de la porte des étoiles.

Stargate Universe en est à son quatrième épisode diffusé à l’heure actuelle (même si le dernier en date ne sera pas discuté ici) et les éléments de l’intrigue se mettent en place : après une série de rebondissements rocambolesques (impliquant notamment une énigme mathématique millénaire intégrée dans un jeu vidéo et une attaque extraterrestre venue de nulle part), une poignée de survivants se retrouvent coincés à bord d’un vaisseau stellaire alien dans une autre galaxie.

Nicholas Rush, alias Robert Carlyle qui change de genre après Trainspotting et Full Monty.Oui, cela rappelle fortement BSG, jusque dans les personnages principaux, avec un Docteur Nicholas Rush qui fait immédiatement penser à Gaïus Baltar dans le rôle du scientifique trouble. Il serait suicidaire pour Universe de poursuivre dans cette voie, la série ne possédant ni les atouts narratifs ni l’impact visuel de son illustre prédécesseur. Heureusement (?), le côté survie est régulièrement gâché, que ce soit par des deus ex machina providentiels (le vaisseau prend soin de ses passagers) ou des contacts répétés avec la Terre (par le biais d’artefacts magiques).

Ce genre de failles scénaristiques se répètent malheureusement souvent dans ce début de saison, n’ayant semble t’il d’autre but que d’entretenir artificiellement le suspense ou de rajouter une couche de pathos aux situations. Il est vrai que pour l’instant, les personnages sont assez transparents sans être spécialement archétypaux – comme si les acteurs se sentaient peu à l’aise dans des rôles mal définis. Résultat, il est difficile pour le spectateur de s’impliquer dans leur sort.

Ceci dit les décors sont sympatoches...Au final, entre les thématiques assez floues, les grosses ficelles du scénarios et le jeu des acteurs assez moyen, l’addition commence à être sâlée. Il est d’usage de laisser une demi-douzaine d’épisodes à une série pour trouver son ton, il est donc encore trop tôt pour tirer la sonnette d’alarme. Néanmoins, il est légitime de se demander si dans une optique de remise à zéro de la franchise, reprendre les mêmes producteurs et scénaristes que dans les séries originelles était vraiment une bonne idée…

David vs Goliath

Posted in Jeux Vidéo avec des tags , , on 10 octobre 2009 by 56e

En attendant le début de la saison 09-10 de la Shinhan Bank Proleague, Ongamenet a récemment consacré une émission aux cent plus beaux matchs depuis la création du prestigieux tournoi par équipe. L’occasion de revenir sur ces parties de StarCraft professionnel historiques, remarquables de par leurs enjeux, leur intensité, leurs stratégies novatrices ou tout simplement la qualité de jeu déployée.

Revenons sur l’un d’entre eux. Il eut lieu le 20 juin dernier lors de l’opposition entre SK Telecom T1 (SKT1), la plus grosse équipe sévissant sur le circuit, à la poursuite d’un huitième titre et Air Force Challenges E-Sport (ACE), regroupant les progamers effectuant leur service militaire et tentant pour la première fois depuis sa création en 2006 de ne pas finir à la dernière place. Autant dire que l’issue ne faisait aucun doute pour personne.

Nous avons donc pour ACE le vétéran Zerg Hong Jin-Ho, alias Yellow. Joueur professionnel depuis 2001, le “Storm Zerg” n’a remporté aucun titre majeur malgré de très bons parcours dans les leagues individuelles, gagnant au passage un autre surnom moins enviable : le “Roi de la Seconde Place”. Face à lui pour SKT1, Kim Taek Yong alias Bisu. Est-il besoin de présenter le “Révolutionniste” ? Constamment dans le top 10 des progamers du circuit depuis 2007, Bisu est assurément le meilleur joueur Protoss actuel et une pièce maîtresse de l’équipe. Il est plus particulièrement connu pour le build qui porte son nom et qui a révolutionné la façon dont le match-up Protoss vs Zerg est joué.

Du point de vue Protoss, le Bisu build consiste à prendre rapidement une expansion, en la protégeant contre les rushs de Zerglings au moyen d’une paire de Canons à Photon positionnés derrière la Forge et le Portail. A partir de ces deux bases, une flotte de Corsaires chassent les Overlords ennemis, établissant la supériorité aérienne Protoss. La suite varie en fonction de l’adversaire et de la carte : harcèlement par des Templiers Noirs ou par des Destructeurs dans une Navette, attaque de Disciples améliorés juste avant l’arrivée des Mutalisks ennemis, …

Cette stratégie aura fait des ravages au plus haut niveau chez les Zergs, et il leur fallut plusieurs mois pour arriver à élaborer des ripostes adaptées. L’une d’entre elles est le drop de Sapeurs à partir de deux Couveuses. Prenant avantage du fait que le joueur Protoss est occupé à développer son arbre technologique, un drop permet de frapper la base principale faiblement défendue. Bien évidemment l’effet de surprise est crucial, il est donc nécessaire de ne pas dévoiler son propre build à l’adversaire.

C’est avec ces deux stratégies en tête que les joueurs se sont affrontés sur la carte Heartbreak Ridge :

Incroyable : c’est une sévère défaite pour Bisu ! Confiant son build, il avait pourtant fait le nécessaire : il avait scouté la Cave Hydralisk dans la base ennemie et s’était aussitôt adapté en construisant des Observateurs. De même, il avait repéré le Drone tentant une percée au sud de ses bases et surtout, il avait intercepté le drop lui-même. Rien de tout cela n’aura suffi – il s’est fait clairement dépassé par la micro de Yellow, auteur de très bons mouvements d’unités. S’il n’a jamais retrouvé son niveau d’autrefois, le vétéran a encore de bons restes.

Au final, tout cela n’eut aucune incidence sur les autres matchs de la soirée. SKT1 remporta aisément la victoire contre ACE, et continua sur le même rythme pendant le reste de la saison pour être sacré champion en août. Quant à ACE, elle fera cette année là la meilleure performance de son histoire en finissant… avant-dernière. En revanche, ce match là restera dans les annales comme le sursaut d’orgueil de la vieille garde, le rappel que même les meilleurs ne sont pas invincibles et surtout que même après dix ans d’existence, StarCraft fait encore la part belle à la créativité et à l’innovation.

Résultats Hell in a Cell: du bon catch, mais un booking raté

Posted in Spectacle, Sport avec des tags , on 6 octobre 2009 by Silvernights

Salut à toi, lecteur passionné de catch. Ce week-end avait lieu Hell in a Cell (HiaC), autre PPV à thème de la WWE. Après Breaking Point qui avait été plutôt bon en s’orientant vers des soumissions, l’Enfer dans la Cellule mettait en avant les matchs dans cette structure hermétique.

affiche Hell in a Cell 2009

Ce que la WWE appelle une cellule, c’est une cage de 5 tonnes, faite de poutres métalliques et de murs de grillage. Contrairement aux cages habituelles, le plafond est également couvert, et la porte est fermée à l’aide d’une chaine, empêchant les catcheurs de s’échapper. Cette stipulation a habituellement lieu pour terminer une feud au long court, tant elle est en général violente, et donne lieu à des matchs extrêmement spectaculaires. Ce contexte qui concerne 3 combats de notre soirée laissait à la fois de grands espoirs, et des craintes de ne pas voir ces espoirs confirmés.

Le premier match proposé, est ô surprise, ce qu’on attendait comme un des moments majeurs de la soirée: le duel pour le World Heavyweight Championship entre CM Punk et son challenger, l’Undertaker. Les derniers affrontements entre ces deux là ont été décevants, et on demandait légitimement si le Dead Man avait enfin récupéré de son opération. La réponse n’est pas totalement concluante. Le match a été correct, mais encore trop court vue la stipulation et les deux lutteurs impliqués. La cage n’a quasiment pas servi, et le Taker l’a emporté sur un tombstone piledriver. Cela constitue une demie surprise, car le Taker n’a pas besoin du titre et cela casse le push de Punk, qui nous a enthousiasmé ces derniers mois en heel trop parfait, qu’on ne mérite pas comme champion. Mais visiblement on a appris post-PPV que le résultat aurait dû être différent, et qu’on a eu ce changement à cause d’un incident entre la WWE et Punk. De la déception donc, que ça soit au niveau du catch ou du booking, et du pessimisme quant à l’avenir de cette feud.

Tombstone piledriver de l'Undertaker sur CM Punk HiaC 2009

Le deuxième match est le plus attendu à mes yeux, celui pour le titre InterContinental. On y retrouve opposé les deux jeunes les plus talentueux de la compagnie: John Morisson côté face et tenant, et Dolph Ziggler côté heel et mort de faim. Le spectacle a été à la hauteur des attentes, le Shaman of Sexy étant à son niveau avec des moves extrêmement spectaculaires, et Dolph m’ayant fait une encore meilleure impression que prévu (et ça n’est pas peu dire!). Tant sur le match que sur leur talent, les deux méritaient de l’emporter, mais en toute logique c’est le Friday Night Delight qui conserve sa ceinture. Si l’opposition hors ring entre ces deux a été très moyenne, le carré de vérité a presque tout effacé. Et à terme, on espère tous voir Dolph enfin gagner le titre qu’il mérite, quand Morisson partira vers d’autres cieux. Mais avant cela, on se régale d’avance d’autres matchs de cette qualité!

Parents pauvres de la PPV, les divas nous ont quand même offert une bonne opposition. Malgré une faible durée de 5 minutes et le fait que le résultat était hyper prévisible, on n’a pas été déçu par ce match dont on attendait peu. Mickie James a quand même encaissé un superbe suplex d’Alicia Fox avant de l’emporter sur son DDT.

Jerishow retains HiaC 2009

Le combat suivant fut fantastique! A mes yeux, le showstealer de cette soirée, de peu devant l’IC. Si Chris Jericho et le Big Show étaient favoris, pour la première fois, l’opposition qui leur était présentée avait sa chance, en la personne de Batista et du bondissant Rey Mysterio. Le match a été constellé de rebondissements, et d’idées intéressantes comme ce spear de l’animal sur Show qui tenait Y2J dans ses bras, ou le duel final entre le World Largest Athlete (2m15 et 220 kg)  et le 619 (1m68, 79 kg). On a même vu Batista réaliser un black hole slam sur Chris, bref un sacré moment d’une grande intensité, avec une victoire finale de Jerishow. Il a duré 14 minutes sans temps mort, et on se dit qu’avec 5 ou 10 minutes de plus, ce type de match peut faire un main event mémorable. D’ailleurs, que la feud entre les deux équipes continue, ou que DX vienne postuler, on se lèche les babines de ce que va pouvoir donner l’avenir des tag teams.

La cage redescend sur l’opposition suivante, la énième entre John Cena et Randy Orton pour le titre WWE. Le combat a beau durer plus de 20 minutes, le rythme manque et la structure métallique a été sous-utilisée. Je suis peut être un peu dur, mais le résultat a achevé de me décevoir: Orton regagne la ceinture. Expliquez moi l’intérêt de faire prendre le titre à Cena juste pour 3 semaines?!? Les feuds de RAW tournent en rond, et ça ne va pas améliorer les choses. Les deux rivaux étant amis dans la vie et très influents, la justification de ce résultat me semble être la volonté de booster le palmarès de chacun, mais ça ne fait qu’empirer ma déception.

Randy Orton domine John Cena HiaC 2009

L’opposition entre Drew McIntyre, nouveau venu prometteur, et R-Truth, le rapeur, a été ajouté à la carte en dernière minute. Avant HiaC, je me demandais l’intérêt de ce match, après, j’en ai eu confirmation. Certes le nouveau venu a gagné rapidement. Certes pour le peu qu’il a eu (moins de 5 minutes), il n’a pas été si mauvais. Mais au final, R-Truth aurait sans doute mérité un peu mieux, et Drew n’en sort pas si grandi. Probablement que les bookers ont d’autres plans pour le jeune écossais à court terme, et voulaient finir cette feud. Malgré tout, j’ai trouvé ça un peu léger, surtout quand on sait que c’était la première apparition télévisé du jeune homme dans un ring depuis son entrée à Smackdown! A voir ce que l’avenir nous réserve donc…

Le pénultième match concernait le titre US et trois lutteurs: le gentil et tenant, Kofi Kingston, et les deux méchants ambitieux, The Miz et Jack Swagger. Le règne du Jamaïcain rebaptisé Ghanéen (enfin la WWE reconnait que l’Afrique existe!) dure depuis trop longtemps, et j’attendais sa fin pour ce show. C’est raté, en dépit d’une très belle résistance des deux heels. La courte opposition (8 minutes) a été très plaisante malgré tout, et le Miz comme le all american american mériteraient cette ceinture un jour ou l’autre.

Main event du show et dernier match en cage, D-Generation X vient clore sa rivalité avec Legacy. Les deux vieux sont hyper favoris, mais dès le début, les heels interviennent: ils cassent la figure des face pendant leur entrée, avant de s’enfermer avec Shawn Michaels dans la cage en laissant Triple H dehors impuissant. Ce dernier va voir son acolyte se faire littéralement tabasser par les deux jeunes loups, et malgré une résistance héroïque, il n’a aucune chance. Ce coup-ci, la stipulation est réellement utilisée et le scénario inattendu. Après un quart d’heure de doute, le Game revient près du ring avec une pince coupante, force le cadenas et la fin prévisible voit les Priceless se faire exterminer par les légendes. La feud est clôturée, et dans le cas de ce match, la cage a eu une utilité et on sort satisfait. DX est maintenant libre de voler vers d’autres cieux, j’espère une opposition avec Jerishow. De son côté, Legacy sort grandi de trois PPV contre DX avec autant de combats somptueux, et offre beaucoup de possibilités, encore plus quand on sait que la relation de Orton avec ses deux lieutenants n’est plus au beau fixe, tout étant possible de ce côté.

DX détruit Legacy HiaC 2009

En conclusion, HiaC nous a proposé du catch très agréable, avec deux matchs de très grande qualité (le unified tag team et l’IC) et six autres oppositions de bon niveau. La déception vient du booking, entre moyen et catastrophique à mes yeux. Admettons que les victoires et conservations de Jerishow, Morrison, Mickie et DX soient logiques, mais sans surprises. La domination de Drew McIntyre est également prévisible. Les trois autres résultats sont catastrophiques, sachant que 2 conservent RAW dans cette liste, qui est en plein immobilisme. La course pour le titre WWE tourne en rond depuis des mois, presque des années, avec toujours les mêmes noms. Il serait temps d’y injecter du sang frais. De même pour la ceinture US qui pourrait changer de main en PPV, ce qui n’arrive pas. Là aussi les stars sont toujours les mêmes, ce qui est d’autant plus dommage que le roster RAW est excessivement riche et inutilisé. Le cas du match Taker-Punk semble encore plus grave, car ce dernier apparait fragilisé hors du ring. Le fait qu’il soit sanctionné in ring est assez injuste à mes yeux, une amende aurait été plus justifiée pour ce qu’on lui reproche (avoir la grosse tête et se comporter mal hors du ring). Or si il quitte le haut de la carte, cela va entrainer un appauvrissement net alors que beaucoup de belles choses étaient possibles (entre autre cette feud Morrison-Punk pour le titre qu’on ne verra sans doute jamais…).

Le prochain PPV dans seulement trois semaines est Bragging Right, qui propose aux fans d’effectuer des votes pour les matchs comme l’ancien Cyber Sunday, mais qui aura également l’originalité de proposer un main event interbrand. Il faut voir ce que ça donnera, mais à priori je suis un peu pessimiste sur ce concept. Même si ça sera amusant de voir se battre des stars qui ne se croisent pas régulièrement, j’ai des doutes sur les avancées possibles des feuds avec ce système et sur les automatismes de catcheurs se croisant peu. A dans trois semaines donc.

Des fleurs pour Algernon, oui, amenez en un énorme bouquet!

Posted in Littérature avec des tags , on 27 septembre 2009 by Silvernights

Salut à toi lecteur du monde virtuel autant que du monde réel. Aujourd’hui, j’ai décidé de te parler de littérature, de façon à voir si je suis encore capable de disserter d’autre chose que de catch. Et plus précisément de ce chef d’œuvre qu’est Des fleurs pour Algernon.

Des fleurs pour Algernon, couverture

Ce livre a été écrit en 1956 par l’américain Daniel Keyes. Il raconte l’histoire de Charlie, un simple d’esprit qui va subir une opération ayant pour but de le rendre plus intelligent. La narration se présente sous forme de comptes rendus dans lequel il décrit son quotidien, et l’énorme évolution que sa vie va connaitre.

Déjà au niveau de la forme, ce roman apparait très original. En effet, si l’idée d’un journal présenté à la première personne n’est pas inédite, le fait que le style du narrateur évolue du début à la fin donne une lecture unique. Ainsi on commence avec des phrases basiques séparées de points et remplies de fautes d’orthographe et de grammaire, pour arriver à un discours littéraire utilisant les champs lexicaux spécialisés de plusieurs domaines. La transition de l’un à l’autre est progressive et bien amenée, tellement qu’on voit réellement changer notre héros à mesure que l’histoire se déroule.

Cependant au delà de la forme, c’est le fond du roman qui est extraordinaire. Déjà on y voit notre héros grandir, et on s’attache d’autant à lui. En se révélant et se complexifiant sous nos yeux, la personnalité de Charlie a une crédibilité rare pour une longueur de 250 pages. D’autre part, l’histoire est très riche en émotions. En effet, la conséquence de l’attachement au personnage principal est une plus grande empathie pour ses sentiments, eux même amplifiés par la découverte et cette première fois qui n’est comparable à aucune autre. Pour finir, de nombreux thèmes très forts sont abordés de manière directe ou indirecte, rendant le livre encore plus profond.

souris dans un labyrinthe

Même avec 50 ans d’écart, on s’aperçoit que la thématique du handicap et de sa place dans la société est toujours aussi cruciale. Elle est excessivement dure à traiter, et entre le mépris, la plus pure ignorance ou la stigmatisation, il existe sans doute un juste milieu. Loin de proposer une vérité, on a ici des pistes de réflexion remplies de bon sens. Le concept d’intelligence est aussi largement détaillé, sous tous ses aspects. Le QI, le succès de projets, le fait de savoir se mettre en avant, l’empathie: toutes ces formes sont analysées et comparées par un héros en quête de sens.

Et si des sujets aussi fondamentaux que l’amour, la famille, l’amitié ou la mort sont abordés dans de nombreux romans, ils ont ici une saveur extrême. La narration se déroule sur 9 mois, et la vie y est concentrée. Tout y est plus fort que dans une vie plus longue. A l’image d’une étoile filante qui va briller de mille feux avant de s’éteindre, on a ici l’illustration d’une maxime qui fait mouche: plus une chose est éphémère et plus elle prend de valeur.

Je recommande donc chaudement cette œuvre, qui se lit rapidement et m’a semblé porteuse de sens. C’est le genre de livres dont on sort différent, et j’ose espérer, meilleur.

The Big Bang Back in Business

Posted in Série TV avec des tags , on 23 septembre 2009 by 56e

Attention : l’article qui suit spoile sauvagement le premier épisode de la saison trois de The Big Bang Theory, diffusé lundi dernier aux Etats-Unis – à ne lire que si vous êtes à jour dans votre visionnage !

La saison trois, enfin !Enfin ! Après des grandes vacances assez ternes en matière de séries TV et où seule True Blood est parvenue à tirer son épingle du jeu, voici septembre et pour beaucoup le temps de la rentrée des classes. C’est le cas pour The Big Bang Theory, qui entamait en fanfare sa troisième saison lundi soir sur CBS, sous les yeux de presque 13 millions de téléspectateurs – la deuxième meilleure audience de son histoire.

Retrouvons avec un plaisir non dissimulé nos geeks / bears.

Résumons un peu l’histoire pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le phénomène : The Big Bang Theory est une sitcom américaine, dans la droite lignée de Friends. Elle met en scène les aventures de deux physiciens de Pasadena, Sheldon et Leonard, dont la vie est bouleversée par l’arrivée dans l’appartement d’à côté de la blonde Penny, aspirante actrice et serveuse dans une cafétéria. A ses personnages principaux s’ajoutent Rajesh, d’une timidité maladive et incapable de parler à une femme à moins d’être saoul et Howard, ingénieur vivant encore chez sa mère et totalement obsédé par le sexe opposé. Penny découvre avec effarement les activités de nos quatre geeks (des parties de Boogle en Klingon, des nuits passées à jouer à des jeux vidéos, des participations à des foires médiévales costumées, …), tandis que Léonard et Howard tentent sans beaucoup de succès de sortir avec elle.

011Cette confrontation entre deux mondes habituellement bien séparés a fait le succès de la série. Le ton se situe à mi-chemin entre anecdotes scientifiques, références geeks et clins d’oeil à la pop culture, à l’image des guests stars ayant fait une apparition dans la deuxième saison : le Prix Nobel de Physique George Smoot, Summer Glau de la série Terminator : The Sarah Connor Chronicles (entre autres) et Charlie Sheen, acteur ayant joué notamment dans Spin City, une autre sitcom de CBS. Après une première saison très réussie à tout point de vue, la série se met pourtant en pilote automatique : les personnages et les situations n’évoluent plus, à l’image de la scène sans cesse répétée du repas de plats à emporter sur la table basse du salon. Si la deuxième saison fut malgré tout un succès, cela tient plus à la performance individuelle (saluée par un TCA Awards) de Jim Parsons, l’acteur jouant le rôle de Sheldon qu’aux scénarios proprement dits.

03Il était donc temps de bouleverser cette routine et à cet égard, l’épisode de lundi dernier aurait pu être une réussite. Petit rappel des fait : à la fin de la saison deux, les quatre fantastiques partent pour une mission scientifique de trois mois au Pôle Nord tandis que Penny et Léonard se quittent sur beaucoup de non dits. De retour, le groupe d’ami explose : à la suite d’une blague particulièrement cruelle, Sheldon démissionne de son travail et rentre aussi sec chez sa mère au Texas. De l’autre côté du pallier, les deux tourtereaux finissent enfin au lit. Hélas, tout cela ne dure pas : après une scène mémorable (il faut dire que Laurie Metcalf est toujours aussi excellente), Sheldon rentre en Californie tandis que l’épisode se termine en laissant planer le doute : rupture ou pas rupture entre Penny et Léonard ? Retour à la “normale” en perspective ?

A l’inverse de beaucoup de séries, pour qui la tension sexuelle entre les personnages suffit à tenir à bout de bras les audiences, je serais ici partisan de laisser ces deux-là ensemble. L’apprentissage par Penny de la vie avec un geek ainsi que la recherche d’un nouveau colocataire pour Sheldon me semblent être de bonnes opportunités de développement scénaristique – avec en prime la possibilité de revenir au point de départ à tout moment en cas de problème. Quelle que soit la voie choisie par les scénaristes, réponse lundi prochain…

Résultats Breaking Point: un cran en baisse mais toujours bon

Posted in Spectacle, Sport avec des tags , on 22 septembre 2009 by Silvernights

Salut à toi, lecteur passionné de catch. Après deux PPV de très bonne facture, le dernier grand show de la WWE avait lieu à Montreal. Je l’ai trouvé un cran en dessous des précédents néanmoins.

affiche Breaking Point

Revenons d’abord sur le concept de base, supposé innovant: ce Breaking Point, premier du nom, a pour thème des matchs de soumission (non, pas avec un fouet…). C’est à dire que pour gagner, le seul moyen est que l’adversaire abandonne en tapant frénétiquement de la main. La chose est plus honteuse pour un catcheur qu’une défaite classique par compte de 3, donc le facteur de fierté de ne pas céder entre dans la course autant que la victoire elle même. En pratique et pour éviter l’overdose, seuls 3 combats avaient cette stipulation, les autres étant des oppositions classiques.

Le show s’est donc ouvert sur le match pour la ceinture unifiée par équipe. Ce qui parait assez logique, sachant qu’un des deux porteurs du titre est canadien et que l’opposition promet, ça va bien chauffer la salle. J’ai trouvé le match correct sans plus, rien ne méritant spécialement d’être cité. La victoire des champions était archi-prévisible, et Chris Jericho et le Big Show ont laissé peu de chance au duo créé 3 semaines plus tôt: MVP et Mark Henry.

Breaking Point encore et toujours Chris Jericho et Big Show champions

Le second match ne présentait guère plus de suspense. Il a été rajouté à la dernière minute (48h avant le PPV) et The Miz défiait Kofi Kingston pour la ceinture US. La Jamaïcain l’emporte, mais le duel a été une bonne surprise. Moi qui suis fan du Miz au micro, je lui reproche son talent in ring un peu en deçà. Et bien pour le coup, il a sacrément assuré! A ce rythme, il se pose en challenger solide, et on peut penser qu’il prendra la ceinture d’ici un ou deux PPV. A noter qu’au passage, le Miz nous a fait un petit speech en français pour se moquer du public et augmenter encore et toujours son heel heat, bien vu.

L’opposition entre D-generation X et Legacy a été la grosse surprise de la soirée. La logique voyait les vétérans l’emporter pour la seconde fois et ensuite aller se battre pour le titre par équipe contre Jerishow. Il n’en a rien été: d’une part le match a été très équilibré, mais plus encore, Legacy l’a emporté! On a vu plusieurs doubles soumissions sur un seul adversaire dans ce réel 2 contre 2, spécialement la dernière sur HBK qui doit taper. A cheval sur le poteau de coin, Shawn est pris simultanément en figure four leglock par Cody Rhodes et en million dollar dream par Ted DiBiase, HHH n’arrive pas à temps pour sauver son vieux compère condamné à abandonner. La belle entre les deux équipes à Hell in a Cell promet d’être énorme vue la qualité des deux premières manches. J’ai adoré le speech de HHH qui en répondant aux “u screwed Bret!” des supporters canadiens, renvoie toute la faute sur Shawn Michaels. On peut tout lui reprocher, Hunter reste un sacré showman au micro! De son côté, Legacy sort complètement over de cette victoire. Or on sait que Ted Dibiase prévoit un face turn dans l’optique de promouvoir son film. Les deux Priceless vont avoir une grosses carte à jouer dans les semaines à venir, si ils s’en sortent bien, on peut les voir monter très haut. Dans tous les cas ils représentent un avenir sur lequel la WWE capitalise.

Breaking Point HBK succombe devant la double soumission de Legacy

Le match suivant proposa également une surprise: Kane a défait le Great Khali pour la 2ème fois consécutive. Pour cause de marché Indien, beaucoup pensaient que le Punjabi Boy l’emporterait. Il n’en fut rien, et la blessure de Khali qui est arrivé par la suite semble amener un point final à cette feud qui ne ravissait pas les fans de catch. Le fait que Kane conclue par un chokeslam sur le géant a été un beau finish, ceci dit. Pour l’avenir, le Big Red Monster a plusieurs possibilités, entre feuder pour l’IC et venir aider son frère. Les récents évènements qui ont touché le Taker me faisant pencher pour cette seconde possibilité.

L’opposition pour la ceinture ECW nous ramenait à un résultat prévisible. Même si je voyais Regal l’emporter sur l’hyper-charismatique Christian, c’est ce dernier qui logiquement a conservé son titre. On a vu pas mal de beaux mouvements entre ces deux superbes techniciens (moi qui adore les sunset flips, Christian me ravit à chaque fois qu’on lui laisse plus d’une minute pour ses combats…). Bref du bon, mais de l’attendu.

Suivait le duel pour le titre WWE entre John Cena et Randy Orton qui était un “I quit match”, version encore plus humiliante du concept de soumission. Entre le fait que Randy était tenant depuis longtemps (5 mois seulement interrompus une petite semaine par Batista) et celui que Cena avait bien fait comprendre qu’il n’abandonnerait pas, le résultat semblait couru. Il n’y a pas eu de surprise, le Marine l’a emporté. Le match a été assez original, avec un départ plus rapide et technique qu’attendu, et la suite ressemblant à une séance de torture du top face par la vipère. Les marques de kendo stick laissées sur le corps du nouveau champion ont bien montré qu’Orton n’y est pas allé de main morte. Malgré tout la tendance s’inversait et le STFU final avec les menottes ne laissait aucune chance au legend killer, obligé de prononcer les deux mots fatidiques: “I quit!“.

Breaking Point John Cena champion a nouveau

Venait enfin le main event, sujet de toutes les attentes. Le retour de l’Undertaker et sa première réapparition sur le ring créait une grosse attente parmi les fans. Mais Punk étant sur une pente ascendante, le freiner était stupide. Le match s’est révélé très décevant, durant moins de 10 minutes et ne semblant jamais se lancer réellement. La fin par contre fut intéressante: d’abord le Taker place son Hell’s Gate et fait abandonner Punk, mais Teddy Long (manager de Smackdown!) intervient en rappelant que la prise est illégale, relançant le combat. La suite voit Punk placer son anaconda vice et l’emporter sans que le Dead Man ne tape! Le clin d’oeil au screwjob 12 ans après est bien vu: sans pénaliser le Taker qui perd de manière injuste, Punk garde la ceinture et de nombreuses questions sont soulevées. Bref une très bonne idée, qui malheureusement ne fait pas totalement oublier que le combat a été faible.

Pour résumer, du bon catch sans atteindre des sommets et surtout un main event décevant sur ce point. Mais pour compenser pas mal de surprises (DX qui perd!, Kane qui gagne et le Taker victime d’un bégaiement de l’histoire) et beaucoup de questions à éclaircir dans les semaines à venir: que va faire Teddy Long? Est-il manipulé, tweener ou engage-t’il un heel turn? Que va faire Kane? Et Batista drafté à Smackdown! ? Qui pour s’opposer à Jerishow? Quel face turn pour Ted DiBiase?

Bref beaucoup de possibilités pour des storylines qui sont d’une grande richesse ces derniers temps. On voit spécialement de plus en plus de comportements ambigus donnant de l’épaisseur aux lutteurs, et énormément d’axes de développements possibles. Pour répondre à toutes ces questions, rendez-vous dans 3 semaines à Hell in a Cell donc!

Ne lisez plus seul dans votre coin

Posted in Divers avec des tags , , on 31 août 2009 by 56e

Pour l’amateur de lecture, le web se révèle contrairement aux idées reçues plein de ressources insoupçonnées. Suivant la mode des sites communautaires participatifs fleurissent depuis quelques années une multitude d’initiatives privées visant à mettre en contact les passionnées de littérature. Si l’exemple le plus connu est sûrement bookcrossing.com, à l’origine de la pratique éponyme d’échanges de livres entre membres, ces réseaux spécialisés se structurent le plus souvent autour de bibliothèques virtuelles.

Il s’agit pour l’utilisateur de constituer une base de données regroupant ses lectures, qu’il pourra classer par ordre alphabétique, par un système d’étiquettes personnalisées (les fameux tags) ou selon tout autre critère de son choix. Pour chaque livre, il pourra rajouter critique, note et / ou citation(s). Il se verra alors proposer des idées de lecture et sera mis en contact avec d’autres personnes possédant des goûts semblables. A partir de ce principe de base très simple, les différents sites se distinguent les uns des autres par de petits détails. Dans ces conditions, lequel choisir ? Petit banc d’essai de cinq d’entre eux.

Parmi la multitude de réseaux sociaux dédiés à la lecture, lequel choisir ?

A tout seigneur tout honneur, commençons par le plus ancien (il fut lancé en décembre 2005), et sûrement le plus “pro” : LibraryThing. Ce site emploie une dizaine de personnes à temps plein et regroupe plus de 800.000 membres, dont une dizaine de milliers pour la version française. Difficile de faire plus complet : la base de données est reliée à quelques 700 bibliothèques numèriques et si cela ne suffisait pas, il est possible d’éditer soi-même les méta-données. Au niveau communautaire, une foultitude de liens permet de naviguer sur le site. Seul point noir : seule la version payante est illimitée, la version d’essai étant limitée à 200 livres par membres. Ce qui arrive bien vite.

Le plus fréquenté est sans doute goodreads, avec ses 2,3 millions d’utilisateurs. Grâce à l’apport de capitaux d’un groupe d’investisseurs privés, l’équipe de 5 employés est en train de s’agrandir. Ici, seuls des membres ayant le status de libraire sont autorisés à modifier les méta-données des livres, ce qui est un bon compromis entre protection de l’intégrité de la base de données et souplesse d’utilisation. L’interface est aussi assez agréable, même si à la longue l’encart de publicité Google Add sur chaque page finit par gêner. En anglais uniquement.

Le leader du marché, goodreads.

Shelfari appartient à Amazon.com depuis l’année dernière – ce qui selon les personnes est gage de stabilité ou honteuse compromission. Peut-être l’un des plus réussis graphiquement (même si dans ce domaine, les goûts et les couleurs…) avec quelques bonnes idées originales comme la Reading Timeline ; par contre certaines fonctionnalités sont un peu cachées. Comme pour le précédent, la communauté est anglo-saxonne pour l’essentiel – un francophone s’y sent parfois seul ! Et là encore, financement par Google Add.

Toutes les initiatives ne sont pas américaines : ainsi aNobii, basé à Hong Kong et fort d’une importante communauté italienne. L’interface est bien moins riche (une seule étagère de 12 livres seulement par page, le classement se fait par tags) et bien moins intuitive que ses concurrents, et les ressources francophones sont pour l’instant un peu limitées. En revanche, l’accès est libre, illimité et sans publicité. Il est possible de modifier les méta-données, sous réserve selon les entrées d’approbation par les modérateurs. Une bizarrerie : en français, les auteurs sont classés alphabétiquement par leurs prénoms…

Enfin, signalons Babelio, initiative française qui emploie aujourd’hui une personne à temps plein. A côté des mastodontes du secteur ce site garde un côté un peu artisanal, avec son design assez pauvre. L’aspect communautaire est en revanche bien développé et la navigation est aisée. Quelques points noirs malgré tout : impossibilité de modifier les méta-données (le site prend ses informations exclusivement d’Amazon.com), absence de certaines fonctionnalités (édition des tags par exemple), seulement deux états possibles pour un livre, …

Babelio, graphiquement un cran en dessous de ses concurrents.

Tout le monde le dit : nous sommes entrés dans l’ère des médias sociaux. Selon une étude récente, 90% des consommateurs font confiance aux avis de leurs connaissances et 70% aux avis postés online. Les sites web 2.0 représentent donc un marché gigantesque pour qui sait les exploiter. Pourtant, nous en sommes encore aux débuts : un modèle économique viable reste encore à inventer. En attendant, le gagnant de cette guerre des réseaux sociaux est quasiment assuré de remporter l’ensemble du pactole, exarcerbant une concurrence qui ne peut être qu’au profit des utilisateurs.