Suite à une promotion sous d’autres cieux, la formule Pablecno de mes analyses catchesques va un peu changer. Après la dissection classique de PPV que je vous proposais jusqu’à maintenant, je vais m’orienter vers une description rapide du show suivie du développement d’un point précis qui me parait être la clé de la soirée.
Ainsi ce 23ème Royal Rumble de l’histoire et première étape de la route vers Wrestlemania XXVI apportait les premières réponses à de nombreuses questions. Une partie des storylines qui vont nous tenir en haleine les deux prochains mois ont vu leur naissance ici. Avant le Rumble à proprement parler, 5 matchs avaient lieu, tous pour des titres. Globalement ils furent plutôt bons, même si comme toujours avec la WWE on surfe de bonne surprise en déception.
Ainsi l’opening fut réussi avec un Christian toujours aussi énorme qui conserve le titre ECW contre le géant Ezekiel Jackson. Ce dernier a fait un très bon boulot, même si son adversaire du soir a un talent incroyable pour porter les matchs et mettre over ses partenaires in-ring, qu’il les batte ou perde. Vivement que le Canadien passe dans une brand supérieure pour avoir plus d’exposition. Le combat suivante non prévu à l’origine fut également correct, pour la ceinture US avec MVP qui défiait le Miz, ce dernier conservant également sa possession.
Dans la foulée, Sheamus garda également le titre WWE face à Randy Orton grâce à une disqualification bien mal venue due à Cody Rhodes. On est en plein dans les storylines dont je vous parlais plus haut, qui nous amèneront à Wrestlemania: l’opposition entre la vipère et ses deux futurs ex-lieutenants se profile. Suivit le match de diva très attendu après l’excellent build, rare pour des catcheuses, qu’on avait eu au préalable. Ce fut la désillusion complète d’un squash match de vingt secondes alors que les deux athlètes méritent tellement mieux. Heureusement la dernière opposition entre Rey Mysterio et le terrifiant Undertaker se révéla une réussite. Quand on voit le talent et l’apport dans le ring du petit Mexicain, je ne comprends pas qu’il soit si contesté. Il a éclairé le match de son talent face à un adversaire malheureusement très loin de ses meilleures années, laissant le dead man l’emporter au final.
En bref, quatre ceintures défendues avec succès et une qui change de porteuse de manière prévisible. Suivit le Rumble lui même qui n’apporta pas énormément de surprises. Dans cet affrontement qui voit 30 catcheurs entrer successivement dans le ring et se défier jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un (here we are, born to be kings…), l’information principale fut le retour d’Edge, dont on parlait cependant pour cette soirée depuis la date de sa blessure sept mois auparavant. Il ne peut s’agir réellement d’une surprise, même si la WWE a bien caché ce qui allait arriver. Ce match unique chaque année a vu CM Punk briller dans le premier tiers de sa durée, prenant le micro entre chaque élimination et mettant en valeur sa straight edge society. Shawn Michaels pour qui la victoire constituait le seul moyen d’obtenir une revanche contre l’Undertaker à Wrestlemania a également brillé comme à chaque évènement important, finissant dans les quatre derniers sur le ring et tenant vingt bonnes minutes avec l’élimination à la clé de cinq adversaires. John Cena fut le dernier éliminé malgré un bon Rumble et plus de vingt minutes lui aussi.
Lors du dernier PPV, TLC, les jeunes avaient été mis en valeur, avec deux titres capturés par les rookies que sont Drew McIntyre et Sheamus. Si ce dernier a conservé sa ceinture, c’est l’arbre qui cache la forêt, et ça l’a été dans des circonstances chanceuses où Orton est sorti grandi malgré la défaite. Dans tous les autres matchs et dans le Rumble lui même, les jeunes et les catcheurs émergents ont été sous-exposés au profit des superstars encore plus mises en avant. D’ailleurs CM Punk peut sans doute considérer ce show comme son entrée officielle dans le club des champions sur lesquels la WWE veut capitaliser. Triple H qui le sortit du ring brilla ensuite, éjecté à son tour par son compère de DX, Shawn Michaels. Ce dernier fut la star de la soirée, restant sur le ring à peine moins que John Cena et détenant le record d’adversaires sortis partagé avec Punk. Le Marine lui aussi fut mis en avant, ainsi que son bourreau du soir, le Canadien Edge et son retour gagnant.
En bref, en prévision de son show majeur en mars, la WWE capitalise sur ses stars, quitte à mettre un peu de côté ses rookies. Vraisemblablement cette stratégie est là pour contrer la nouvelle TNA, dirigée par Hulk Hogan depuis quelques mois et qui recrute à tour de bras des noms clinquantes (donc de nombreux ex-WWE). C’est surprenant dans le sens où la fédération de Vince McMahon a toujours investi sur la jeunesse avec succès par le passé, mais il semblerait que la WWE mette temporairement de côté ses habitudes pour taper un grand coup. Cette guerre entre fédérations qui ne semble qu’à ses débuts, est incontestablement la meilleur chose possible pour le spectateur. En effet ce dernier peut s’attendre à des trésors d’ingéniosité déployés de part et d’autre pour briller et éclipser la concurrence.
Au final un bon PPV à qui on peut cependant reprocher peu de surprises et un fonctionnement inhabituel et moins chaotique que les précédentes éditions. Tout cela annonce un No Way Out explosif dans trois semaines, suivi d’un Wrestlemania qui promet être grandiose.































